Les trois dynasties et leurs pratiques harmonieuses du thé

Banquet sous la dynastie Song

Berceau de la culture du théier, l’Empire chinois fut également le théâtre d’une constante évolution des techniques de transformation et de dégustation au cours des siècles.

En mille ans, la manière de consommer le thé en Chine a connu une métamorphose spectaculaire. Sous l’influence directe du pouvoir impérial, les usages et la céramique ont évolué au rythme des successions dynastiques. Entre le VIIᵉ et le XVIIᵉ siècle, trois ères majeures ont ainsi défini trois arts distincts de l’infusion. Plongez dans l’évolution historique de ce breuvage devenu un véritable art de vivre.

La période classique (dynastie des Tang 618-907)

La dynastie des Tang est marquée par un essor culturel remarquable, alors que l’Empire est en pleine expansion grâce aux progrès agricoles et commerciaux. À cette époque, le thé n’est plus seulement une boisson médicinale, mais devient également apprécié pour son goût. Conservées sous forme de brique ou de galette compressée, les feuilles sont émiettées et infusées avec d’autres ingrédients pour en faire une sorte de soupe salée.

C’est sous la dynastie Tang que l’on vit rédigé le premier ouvrage traitant du thé, le Ch’a Ching ou Classique du Thé. Son auteur, Lu Yu (733-804), marqua profondément la culture chinoise et son ouvrage devint une référence au cours des siècles.

Durant cette période, la religion participa activement à l’expansion du thé. Le bouddhisme Chan s’appropria cette boisson qui permettait aux moines de rester éveillés durant les longues séances de méditation.

La période romantique (dynastie Song 960-1279)

Durant la Dynastie Song, une nouvelle méthode de préparation du thé fait son apparition. Toujours à partir du thé compressé, on broie les feuilles afin d’obtenir une poudre à laquelle on ajoute de l’eau : c’est le Dian-Cha, l’ancêtre du matcha japonais.

En parallèle, la céramique chinoise connaît un grand essor et une grande diversité : bols en céladon, porcelaine qinbai, vaisselle jian sombre (pour faire ressortir la couleur claire du thé fouetté), bols blancs ornementés de motifs floraux, petites coupes coniques…

La période naturaliste (dynastie Ming 1368-1644)

L’Empire chinois connaît de nombreuses invasions mongoles au 13ᵉ siècle, ce qui engendra l’effondrement de la dynastie Song et l’essor culturel qui l’accompagnait. Durant la dynastie mongole Yuan (1271–1368), la préparation du thé se limite au strict nécessaire : cette boisson était en effet considérée comme un simple complément alimentaire pour cette dynastie de peuples nomades.

La dynastie Ming (1368-1644) apporte un changement majeur quant à sa préparation. Le premier empereur Hongwu, issu de la paysannerie, fut opposé à toute forme de rituel ancien. Il décréta en 1391 une limitation de la production du thé compressé au profit du thé en vrac.

Dès lors, de nouvelles méthodes et cérémonies de préparation virent le jour, à partir cette fois-ci du thé en feuilles entières infusées dans de l’eau chaude, tel que nous le pratiquons aujourd’hui.

Parallèlement, la céramique évolue et la simplification de la préparation du thé voit le développement des théières et des porcelaines claires (Jingdezhen).

La dernière dynastie Qing (1644–1912) apporte aussi son lot de nouveautés avant le grand boom de l’industrie mondiale du thé : développement du thé noir au milieu du 17ᵉ siècle, démarrage du commerce avec l’Occident, production toujours aussi variée de céramiques aux vernis colorés…

Plusieurs liens pour approfondir cette passionnante histoire du thé au fil des dynasties :

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